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Les oeufs : comment les choisir ? (tout savoir sur le code tamponné sur les oeufs du commerce, les labels etc.)

J’ai déjà écrit sur le codage des oeufs en France, au début de ce blog, mais me revoici, et ce billet, plus complet et actualisé, remplacera désormais le précédent.

En France, les oeufs du commerce doivent être porteurs d’un code, tamponné sur leurs coquilles.

Ce code donne au consommateur 4 informations essentielles:

  • le mode d’élevage de la poule qui a pondu cet oeuf
  • le pays d’origine de l’oeuf
  • le code du producteur et du bâtiment de ponte
  • la date de consommation recommandée, ou DCR

Une 5e information peut être apportée :

  • la date de ponte

Avant de reprendre ces indications l’une après l’autre, une précision importante:

les poules pondeuses ne sont pas les comparses femelles des poulets dont nous consommons les chairs.

En effet, de même qu’il existe des vaches à lait et des vaches à viande, il existe des variétés de poules à oeufs et d’autres de poule(t) à viande. L’une produit plus d’oeufs que la moyenne, l’autre grossit plus vite.

En conséquence, ayons tous bien conscience d’un fait important : les poussins mâles qui ont le malheur de voir le jour dans un élevage de poules pondeuses, ne servant à rien à l’industrie, sont tués aussitôt, par gazage ou par broyage, souvent jetés vivants dans la broyeuse… Cela concerne 50.000.000 de poussins, ces petites bêtes duveteuses adorables…

Ne pas savoir pondre leur coûte la vie, sans ménagement (idem pour les veaux de vaches laitières, bons pour l’abattoir, quoique pas toujours, j’en reparlerai un de ces jours…).

Trêve de sentiments, mais savoir cela me conduit à réfléchir à deux fois avant de cuisiner un oeuf, pour tout vous dire… Manger des oeufs, oui, mais pas trop, pour limiter les « dégâts collatéraux »…

Et pas obtenus dans n’importe quelles conditions : revenons-en au codage des oeufs.

source de l’image : PMAF.org

1. Le mode d’élevage de la poule qui a pondu cet oeuf

Ce mode d’élevage est codé 0, 1, 2 ou 3.

  • code 0 = oeuf bio

Outre ce code 0, sur les boîtes contenant ces oeufs bio, la mention « œufs de poules élevées en agrobiologie » figure ainsi que le logo caractérisant l’agriculture biologique.

Ce code signifie que 90% au moins de l’alimentation de la poule est bio (et je crois que cette année, 2012, cela doit passer à 100%), qu’elle a un espace pour se promener en plein air et que lorsqu’elle est enfermée, elle partage un logis plus vaste que celles élevées différemment, et avec un nombre limité de consoeurs.

Le site du Synalaf (Syndicat National des Labels Avicoles de France) complète ces informations de façon très intéressante, je vous le recommande.

  • Code 1 = oeuf de poule élevée en plein air, éventuellement Label Rouge

Ces oeufs sont pondus par des poules qui profitent de 4 m² chacune, au minimum, d’espace en plein air dans la journée. Cet espace est en majeure partie recouvert de végétation.

Sur les boîtes, on trouvera la mention « œufs de poules élevées en plein air ».

Pour les oeufs Label Rouge, voir sur le site du Synalaf précité.

  • Code 2 = oeuf de poule élevée au sol

Pas de cages, certes, mais les poules qui les pondent sont élevées dans des bâtiments sans accès à l’extérieur.

Elles sont environ 9 poules au m²…

Oui, oui, tracez un carré au sol d’un mètre de côté et imaginez 9 volatiles condamnées à vivre là-dedans dans un endroit clos…

Sur les emballages de ces oeufs, on doit trouver la mention « œufs de poules élevées au sol« .

  • 3 = oeuf de poule élevée en cage, en masse, sans accès à l’extérieur.

Les pauvres volatiles n’ont alors pas une once de liberté et pas de sol ferme sous leurs pattes.

Elles sont enfermées en nombre dans des cages superposées les unes sur les autres, leurs pattes à même le grillage…

Sur les boîtes contenant ces oeufs, en tout petit, on trouvera « oeufs de poules élevées en cage« .

Souffrance animale, mais aussi humaine, à la clé… Voir aussi cette vidéo de la PMAF (Protection Mondiale des Animaux de Ferrme) : L’élevage des poules en cages – www.oeufs.org.

Depuis le début de cette année, 2012, elles sont toutes supposées vivre en « cages aménagées ».

Fin janvier 2012, cependant, soit il y a quelques jours, la France a reçu un avertissement (de même que plusieurs voisins) pour n’être pas en règle… 10% de ses installations seraient illégales.

Attention, les produits alimentaires industriels contenant des oeufs (biscuits, brioches, gâteaux, flans, quiches etc.) emploient généralement ces oeufs codés 3 (et de catégorie B, de plus, voir  notes en bas de ce billet)…

Si vous avez lu ce billet jusqu’ici, désormais, sauf mention contraire sur votre paquet de biscuit préféré, de type « oeuf bio » ou « oeuf de plein air », vous saurez à quoi vous en tenir.

N.B. : ouvrez l’oeil car de tels oeufs sont communément vendus sur les marchés ou dans les boutiques d’allure fermière, sans emballage, joliment alignés sur des supports de carton gris posés les uns sur les autres…

Ces oeufs marqués par un 3 représenteraient environ 80% de la production française…

2. Le pays d’origine de l’oeuf

2 lettres permettent d’indiquer le pays d’origine.

FR = France

IT = Italie

etc.

Cette information est utile à plus d’un titre. Elle peut éviter par exemple au consommateur parisien d’acheter des oeufs bio, certes, mais qui viennent d’Italie, par exemple, au profit d’oeufs non labellisés bio mais qui proviennent d’un élevage voisin de confiance (confiance acquise par une visite des locaux ou via le commerçant habituel qui les distribue).

3. Le code du producteur et du bâtiment de ponte

Comme l’information précédente, ce codage permet d’informer le consommateur mais aussi d’assurer la traçabilité de l’oeuf.

Information utile au cas où il conviendrait d’engager la responsabilité du producteur, par exemple, ou de cesser la commercialisation des oeufs provenant d’exploitations où des animaux sont malades etc.

4. La date de consommation recommandée, ou DCR

La DCR est obligatoire pour tous les oeufs sur lesquels n’apparaît pas la date de ponte (voir ci-dessous).

Elle correspond à la date du 28e jour après la ponte.

Elle indique « la date jusqu’à laquelle les oeufs conservent leurs propriétés spécifiques dans des conditions de conservation appropriées ». (source UNECE)

Le jour est exprimé en caractères numériques (de 1 à 31), suivi du mois, en caractères numériques (de 1 à 12) ou alphabétiques (4 lettres au plus comme AVRI pour avril, par ex.).

Les oeufs de qualité supérieure, dits extra-frais, ne peuvent être vendus comme tels au-delà de 9 jours après la ponte. Les oeufs frais (catégorie A, v. notes en bas de page, sans label extra-frais), peuvent être vendus jusqu’à 21 jours après la ponte.

Toute boîte d’oeuf a donc une durabilité minimale d’une semaine, en principe.

5. La date de ponte

Cette mention n’est obligatoire que pour les oeufs « extra » ou « extra frais », appellation possible de l’oeuf jusqu’au 9e jour après la ponte (v. plus haut).

Pour en savoir +

  • Bientôt un logo pour identifier les oeufs pondus en France des autres. Je ne suis pas certaine que cela ait grand sens, ceci dit, surtout pour tous les Français frontaliers d’autres pays…
  • Tous les oeufs du commerce sont de catégorie A, celle des oeufs frais, voire extra-frais : ils « doivent être emballés et classés dès le premier jour ouvrable suivant leur arrivée au centre d’emballage et il leur est imposé une date limite de vente ou d’utilisation optimale » (source : unece.org). Les autres, dits de catégorie B, ne sont livrés qu’à l’industrie alimentaire. Vous trouverez toutes les infos utiles sur ces catégories, et bien davantage encore, dans ce document de l’UNECE, la Commission Economique des Nations-Unies pour l’Europe, spé. pages 8 et 9.
  • Si l’oeuf est vendu en boîte, doivent notamment figurer sur l’emballage (en plus du codage sur les oeufs) : le nombre d’oeufs, le nom, l’adresse, le n° du centre d’emballage, ainsi que le calibre des oeufs [petit (S, moins de 53 g), moyen (M, entre 53 et 63 g), gros (L, entre 63 et 73 g) ou très gros (XL, plus de 73 g)], le label (bio, Label Rouge) s’il en existe…
  • Peut également être indiqué sur l’emballage le mode d’alimentation (avec ou sans OGM, farine de poisson, protéines animales etc.), selon une codification complexe : voir p. 11 et 12 du document de l’UNECE.
  • La législation en vigueur en matière d’étiquetage des oeufs est indiquée sur le site de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).
  • On pourra aussi lire avec intérêt le code d’usage en matière d’hygiène pour les oeufs du CODEX alimentarius dont les 185 membres fixent les normes alimentaires internationales.
  • Egalement la norme générale d’étiquetage des denrées alimentaires préemballées établie par ce même CODEX alimentarius.
  • Cet article « Les oeufs éthiques de l’Europe« , de Peter Singer, est intéressant aussi.
  • La PMAF est au salon de l’agriculture du 25 février au 4 mars 2012: allez lui rendre visite pour en savoir plus! En attendant, son site regorge d’outils pédagogiques comme cette fiche « poule ».
  • Pour cesser d’idéaliser la vie d’une poule bio, voire cet excellent billet d’Anne Brunner auteure bien connue de Blogbio (et de nombreux ouvrages édités chez LaPlage)
  • L’oeuf a son syndicat : le comité national pour la promotion de l’oeuf, CNPO. Il propose un test amusant pour évaluer vos connaissances en matière d’oeufs, et nous indique aussi comment conserver ses oeufs: il faut les placer au réfrigérateur « tête en bas », sur la pointe, pour limiter » les échanges gazeux avec le réfrigérateur. La chambre à air se trouve ainsi au gros bout de l’œuf, en haut et n’est pas compressée ». Le saviez-vous? (moi, non).
  • Je vous conseille vivement de lire « Pourquoi manger des oeufs » sur le blog de Sandrine-Végébon, ainsi que « la vie privée des poules », sur le blog de Véro-Diétimiam.
  • Et pour finir : il existe de nombreuses astuces pour remplacer les oeufs en cuisine : voir les recettes « sans » sur ce site + mon livre Les intolérances alimentaires : Cuisiner Gourmand Autrement, paru aux éditions Anagramme en février 2011 + billet à venir sur comment remplacer les oeufs.
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Posted in Choisir ses produits animaux, Oeufs.

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16 Responses

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  1. Saif says

    C’est horrible tous ces morts dans le seul but de satisfaire notre alimentation humaine, pour les oeufs dommage que dans le cahier des charges bio il est autorisé de couper le bec des poules une mutilation de plus dans l’indifférence totale :/ merci pour tous ces renseignements, plus d’excuse de ne pas consommer responsable !

  2. Alice says

    Hyper instructif .. Merci – car au final on est pris pour des quiches .. la plupart du temps dans la moyenne et grande distribution car nous ne connaissons pas ces codes -Pour ma part, j’ai vu une émission sur la 5 ou j’avais retenu le code 0 pour bio – je privilégie largement ce choix notamment pour ce type de produit -

  3. Véro says

    Merci pour ce billet dont je vais rajouter le lien dans mon dossier « oeuf », histoire d’offrir à mes lecteurs une autre communication :)

  4. pascale Delseny says

    Bonjour,flo
    comme je te l’ai déjà dit ,félicitations pour la justesse de ton article,c’est préçis facile à retenir.
    Quel savoir ,on sent en plus que tu as plaisir à le partager,c’est amusant je me posais des questions sur les oeufs et tu y as répondu.
    MERCI biz

  5. Cortomam says

    D’où l’intérêt d’avoir ses propres poules avec leur coq qui gambadent en toute liberté dans le jardin. Bien sur c’est plus simple quand le jardin fait près de un hectare, je vis à la campagne. Mais nos poules nous donnent de bons oeufs avec un jaune « orange » et en plus elles se nourrissent de larves et d’insectes trouvés sur le terrain.

    • Flo Makanai says

      Ca doit être extra à plus d’un titre d’avoir ses propres poules… Nous y pensons depuis 2-3 ans mais n’avons pas sauté le pas… Un espace bien moins grand (quoi que tout de même près de 1800 m²) et étagé car à flanc de vallée, on ne sait pas exactement où installer les volatiles pour ne pas pâtir du bruit, des odeurs, et qu’elles cohabitent bien avec nos chiens, et les renards du coin…

  6. Sweet Faery says

    Perso, niveau viande et oeufs, je table toujours Label Rouge : c’est tout de même bien moins cher que le bio et les garanties sont là. Je crois même que niveau transport des animaux, les critères sont plus stricts en LR qu’en bio. J’avais déniché un site comparatif super bien fourni, il faudrait que je remette la main dessus…

  7. Sweet Faery says

    Voilà, c’était là :
    http://ecologiesurleweb.free.fr/actions4-bio-labelrouge.html
    Merci en tout cas pour ce petit point. Et je vais aller lire l’article d’Anne.
    A bientôt ! :)

  8. Chantal says

    Merci pour ce document très complet.
    J’ai une petite question mais qui n’a rien à voir ;-)
    Votre mélange de farine (du livre) on peut convertir toutes les recettes avec farine de blé ou délicat??
    Merci pour la réponse
    Chantal

  9. Claude says

    Bonjour,
    Avant, il y a quelques dizaines d’années, l’oeuf était un aliment sain. C’était au temps où les poules avaient une vraie vie de poule et surtout une véritable alimentation de poule. C’est cette industrialisation de la production d’oeufs qui a rendu celui-ci beaucoup moins sain car moins riches en bons omega. Si vous pouvez avoir vos poules, nourrissez les comme il se doit et vous aurez les meilleurs oeufs du monde sans restriction de consommation.

  10. anne says

    bonjour,
    Petites infos en complément de cet article très intéressant !
    mon nutritionniste me conseille aussi le label « bleu -blanc-coeur » qui garantit des oeufs pondu par des poules nourries et soignée naturellement. ‘En gros, elle mangent ce qu’une poule doit manger en théorie dans la nature (vers de terre, herbe etc) et du lin. Pour les intolérants, ca permet de clairement améliorer les états inflammatoires, bref, ce serait encore plus adapté que le bio ou label rouge (qui est déjà très bien hein !!).

    Cette gamme existe dans certains supermarchés (y compris grande distribution) et pour une gamme de plus en plus étendue : oeufs, jambon, canard, lapin..). Perso, vu mon état inflammatoire, je n’ai plus le droit qu’à ce label pour ma consommation de viande. Et au niveau qualité, il y a une grosse différence de gout.

    J’oubliais : c’est une fleur bleu sur l’emballage.

  11. Flo Makanai says

    Merci beaucoup Anne, pour ces infos intéressantes.
    J’ai déjà vu ce label, d’ailleurs, mais sans vraiment y faire attention.
    Je vois qu’un site y est consacré : http://www.bleu-blanc-coeur.com/
    A apronfondir, merci encore.



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