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Choisir les oeufs : comprendre le marquage des oeufs

Mise à jour au 20 août 2017

Sauf à acheter des œufs chez un fermier que l’on connaît bien, se faire offrir des œufs par une connaissance ou à avoir ses propres poules, choisir les œufs que l’on souhaite consommer est finalement relativement complexe.

Cet article vous propose d’y voir plus clair, pour vous aider à choisir les œufs en connaissance de cause.

Attention : la réglementation relative au marquage concerne les œufs achetés entiers. Si vous achetez des produits qui contiennent des œufs, comme des biscuits, une quiche, des gaufres, etc., c’est la réglementation de l’étiquetage des aliments qui s’appliquera, et elle diffère sur de nombreux points de celle du marquage : v. en fin d’article.

Un code sur chaque coquille pour informer et aider à choisir les œufs

En France, pays membre de l’Union Européenne, les œufs du commerce doivent être porteurs d’un code, tamponné sur leurs coquilles.

Attention : le code qui apparaît sur la boîte d’œufs vendus en France est celui de l’organisme d’emballage, il répond aux exigences d’étiquetage des boîtes d’œufs, et diffère du code inscrit sur l’œuf lui-même, qui répond aux règles du marquage. On peut donc acheter une boîte sur laquelle apparaît un code débutant par FR, par exemple, ce qui nous informe que les œufs ont été emballés en France, mais qui contient des œufs non français, mais italiens, néerlandais, etc.

Le code marqué sur la coquille de l’œuf doit donner au consommateur 4 informations essentielles, et peut même en donner 5 :

  1. le mode d’élevage et d’alimentation de la poule qui a pondu cet œuf
  2. le pays d’origine de l’œuf
  3. le code du producteur et du bâtiment de ponte
  4. la date de consommation recommandée, ou DCR
  5. (facultatif)  la date de ponte

Au niveau de l’Union Européenne, dont la France fait partie, le principal texte contraignant est le règlement (CE) n°589/2008 du 23 juin 2008, portant modalités d’application du règlement (CE) n° 1234/2007 du Conseil, sur les normes de commercialisation applicables aux œufs.

Est également applicable, en France, l’arrêté (français) du 28 août 2014 relatif aux modalités de commercialisation des œufs.

D’autres textes peuvent être applicables :

1. le mode d’élevage et d’alimentation de la poule pondeuse

Ce mode d’élevage est codé 0, 1, 2 ou 3.

Code 0 = œuf bio

L’œuf bio porte, sur sa coquille, un code qui débute par le chiffre 0.

Il peut également être labellisé Bleu Blanc Cœur.

Le code 0 marqué sur la coquille de l’œuf signifie que :

  • la poule est nourrie à 100 % de végétaux, minéraux et vitamines, dont 95% minimum est bio ;
  • cette alimentation ne contient pas de colorant de synthèse ;
  • si l’œuf bio est également Bleu Blanc Cœur, l’alimentation de la poule contient des plantes et des graines tracées et sélectionnées pour leur intérêt nutritionnel ;
  • la poule a un espace pour se promener en plein air, de 4 m² minimum par poule ;
  • le parcours de la poule doit être conduit selon les principes de l’agriculture biologique ;
  • le bâtiment dans lequel elle dort, passe une partie de sa vie, pond, etc., contient 3000 poules maximum, avec une densité max. de 6 poules au m²;
  • un organisme certificateur indépendant doit périodiquement certifier que l’élevage répond à ces normes ;
  • aucune analyse sensorielle de la qualité gustative de l’œuf n’est faite ;
  • mais si label Bleu Blanc Cœur, le profil nutritionnel, et lipidique en particulier (seulement 2.6 g d’acides gras saturés pour 100 g ; 1,9 g pour 100 g d’acides gras insaturés dont 486 mg pour 100 g d’oméga 3 , des protéines « de hautes valeurs biologiques », « de nombreuses molécules nutritives comme des vitamines (groupe B9, B12, vitamines liposolubles D, A et K principalement), des minéraux (fer, zinc…) et des antioxydants très efficaces contre le vieillissement cellulaire (lutéine, zéanxanthine…) » (source), de l’œuf sera vérifié, en comparaison avec celui d’un produit conventionnel ;
  • il n’y a pas d’obligation relative à la fréquence de ramassage des œufs ;
  • il n’y a pas de délai entre le jour de ponte et l’emballage de l’œuf.

Code 1 = œuf de poule élevée (partiellement) en plein air

L’œuf de poule dite « élevée en plein air » porte, sur sa coquille, un code qui débute par le chiffre 1.

Tous les œufs Label Rouge sont de ce type, donc codés 1.

Les œufs codés 1 peuvent aussi être labellisés Bleu Blanc Cœur : v. alors les spécificités relatives à ce label indiquées plus haut pour les œufs bio.

Le code 1 marqué sur la coquille de l’œuf signifie que :

  • la poule est nourrie à 100 % végétaux, minéraux et vitamines ;
  • si l’élevage dont est issu l’œuf codé 1 est labellisé Label Rouge, l’alimentation de la poule contiendra au minimum 50 % de céréales ;
  • l’alimentation peut être issue de l’agriculture bio ou conventionnelle, il n’y a pas d’exigence sur ce point ;
  • l’alimentation peut contenir des colorants de synthèse, sauf si l’œuf est Label Rouge ;
  • si label Bleu Blanc Cœur, les antibiotiques sont en principe interdits ;
  • la poule a un espace pour se promener en plein air, de 4 m² minimum par poule, voire 5 m² minimum si Label Rouge ;
  • le bâtiment dans lequel elle dort, passe une partie de sa vie, pond, etc., n’a pas de taille maxi sauf si Label Rouge : l’élevage ne peut comprendre alors plus de 2 bâtiments de 6000 poules maxi ;
  • dans ces bâtiments, la densité max. est de 9 poules au et, sauf si Label Rouge, avec 4 niveaux superposés possibles ;
  • le label Bleu Blanc Cœur est également soucieux du bien-être animal ;
  • si Label Rouge : un organisme certificateur indépendant vient périodiquement certifier que l’élevage répond à ces normes et s’assure aussi de la qualité gustative de l’œuf par des analyses sensorielles régulières qui comparent l’œuf Label Rouge avec un œuf courant ;
  • si Label Rouge, les œufs doivent être ramassés au moins 2 fois par jour ;
  • si Label Rouge, le délai entre le jour de ponte et l’emballage de l’œuf est de 4 jours max.

Code 2 = œuf de poule élevée en cage, sans accès à l’extérieur

Le code 1 marqué sur la coquille de l’œuf signifie que :

  • la poule est nourrie à 100 % végétaux, minéraux et vitamines ;
  • l’alimentation peut être issue de l’agriculture bio ou conventionnelle, il n’y a pas d’exigence sur ce point ;
  • l’alimentation peut contenir des colorants de synthèse ;
  • la poule n’a pas d’accès au plein air, on dit qu’elle est « en claustration » ;
  • le bâtiment dans lequel la poule passe toute sa vie n’a pas de taille maxi ;
  • dans ces bâtiments, la densité max. de 9 poules au  avec 4 niveaux superposés possibles ;
  • aucun organisme certificateur indépendant ne vient vérifier que l’élevage répond à ces normes ;
  • aucune analyse sensorielle de la qualité gustative de l’œuf n’est faite ;
  • il n’y a pas d’obligation relative à la fréquence de ramassage des œufs ;
  • il n’y a pas de délai entre le jour de ponte et l’emballage de l’œuf.

Sur les emballages de ces œufs, on doit trouver la mention  » œufs de poules élevées au sol« .

3 = œuf de poule élevée en cage à forte densité, sans accès à l’extérieur

Ces œufs marqués par un 3 représenteraient entre 80 et 87 % de la production française…

Le code 3 marqué sur la coquille de l’œuf signifie que :

  • la poule est nourrie à 100 % végétaux, minéraux et vitamines ;
  • l’alimentation peut être issue de l’agriculture bio ou conventionnelle, il n’y a pas d’exigence sur ce point ;
  • l’alimentation peut contenir des colorants de synthèse ;
  • la poule n’a pas d’accès au plein air, on dit qu’elle est « en claustration » ;
  • le bâtiment dans lequel la poule passe toute sa vie n’a pas de taille maxi et peut contenir jusqu’à 300 000 poules ;
  • dans ces bâtiments, la densité max. de 13 poules au , soit 750 cm² par poule ou 2000 cm² par cage, avec niveaux superposés possibles ; 
  • aucun organisme certificateur indépendant ne vient vérifier que l’élevage répond à ces normes ;
  • aucune analyse sensorielle de la qualité gustative de l’œuf n’est faite ;
  • il n’y a pas d’obligation relative à la fréquence de ramassage des œufs ;
  • il n’y a pas de délai entre le jour de ponte et l’emballage de l’œuf.

Attention : les produits alimentaires industriels contenant des œufs (biscuits, brioches, gâteaux, flans, quiches etc.) emploient généralement ces œufs codés 3, et de catégorie B, voir  notes en bas de ce billet.

N.B. : ouvrez l’œil car de tels œufs sont communément vendus sur les marchés ou dans les boutiques d’allure fermière, sans emballage, joliment alignés sur des supports de carton gris posés les uns sur les autres…

2. le pays d’origine de l’œuf

Sur chaque œuf, le code dont nous venons de rappeler le sens, est suivi de 2 lettres, en majuscules : il s’agit d’un code permettant d’indiquer le pays d’origine.

Ces codes ISO de l’Etat membre dans lequel l’œuf est produit sont de type : FR pour la France, IT pour l’Italie, NL pour les Pays-Bas, etc.

Cette information est utile à plus d’un titre. Elle peut éviter, par exemple, au consommateur parisien d’acheter des œufs bio, certes, mais qui viennent d’Italie, par exemple, au profit d’œufs non labellisés bio mais qui proviennent d’un élevage voisin de confiance, confiance acquise par une visite des locaux ou via le commerçant habituel qui les distribue.

A la lumière des fraudes alimentaires qui malheureusement ne sont pas rares, cette indication d’origine peut être intéressante. Toutefois, concernant le scandale du Fipronil actuel, les œufs contaminés peuvent provenir des Pays-Bas, de Belgique, d’Allemagne, du Nord de la France, ce qui est vaste…

Attention : l’origine des œufs n’a pas à être indiquée par un code pays sur les produits transformés…

Attention : les mentions de type « œufs de notre région » n’informent en rien sur les conditions d’obtention de l’œuf.

Note : de façon facultative, sur initiative privée, l’œuf peut être vendu comme provenant d’une région ou d’un lieu particuliers. Vous avez ainsi certainement déjà vu des œufs de Loué dans le commerce, ou des œufs de l’élevage de M. ou Mme X, habitant non loin du lieu de commercialisation. Ces indications géographiques sont portées sur l’emballage, et non sur l’œuf, et obéissent à leur propre réglementation lorsqu’elles font l’objet d’une IGP, ou Indication Géographique Protégée : v. plus bas.

3. le code du producteur et du bâtiment de ponte

Comme l’information précédente, ce codage permet d’informer le consommateur mais aussi d’assurer la traçabilité de l’œuf.

Information utile au cas où il conviendrait d’engager la responsabilité du producteur, par exemple, ou de cesser la commercialisation des œufs provenant d’exploitations où des animaux sont malades etc.

4. la date de consommation recommandée, ou DCR

La DCR est obligatoire pour tous les œufs sur lesquels n’apparaît pas la date de ponte (voir ci-dessous).

Elle correspond à la date du 28e jour après la ponte.

Elle indique « la date jusqu’à laquelle les œufs conservent leurs propriétés spécifiques dans des conditions de conservation appropriées » (source UNECE)

Le jour est exprimé en caractères numériques (de 1 à 31), suivi du mois, en caractères numériques (de 1 à 12) ou alphabétiques (4 lettres au plus comme AVRI pour avril, par ex.).

Les œufs extra-frais  ne peuvent être vendus comme tels au-delà de 9 jours après la ponte.

Les œufs frais peuvent être vendus jusqu’à 21 jours après la ponte.

5. la date de ponte

Cette mention n’est obligatoire que pour les oeufs « extra » ou « extra frais », appellation possible de l’oeuf jusqu’au 9e jour après la ponte (v. plus haut).

Le marquage de l’oeuf est différent de l’étiquetage de la boîte d’oeufs

Si l’œuf est vendu en boîte, il doit être marqué individuellement comme nous venons de le voir, mais la boîte doit aussi comprendre certaines informations.

Doivent notamment figurer sur l’emballage, à moins que l’emballage ne serve qu’au transport ou soit à usage industriel :

  • le nombre d’œufs
  • le nom, l’adresse, le n° du centre d’emballage
  • le calibre des œufs : S (moins de 53 g), M (entre 53 et 63 g), L (entre 63 et 73 g) ou XL (plus de 73 g)

Peuvent être indiqués :

  • un label (bio, Label Rouge, Bleu Blanc Cœur etc.) s’il en existe ;
  • une indication de provenance géographique, éventuellement protégée par IGP (Indication Géographique Protégée) comme c’est le cas pour les œufs de Loué, par exemple : ces œufs doivent provenir d’élevages de poules pondeuses « situés dans l’aire géographique suivante: le département de la Sarthe; le département de la Mayenne; dans le département de l’Orne, de l’Indre et Loire, du Loir et Cher, de l’Eure et Loir: les cantons limitrophes; dans le département du Maine et Loire: l’arrondissement de Segré et les cantons de Louroux-Béconnais, Saint-Georges-sur-Loire, Angers, Tiercé, Durtal, Seiches-sur-le-Loir, Baugé, Beaufort-en-Vallée, Noyant, Longué-Jumelles, Allonnes pour la partie située au nord de la Loire ».
  • des précisions sur la façon dont les œufs sont ramassés ;
  • des précisions concernant le mode d’alimentation (avec ou sans OGM, farine de poisson, protéines animales etc.), selon une codification complexe : voir p. 11 et 12 du document de l’UNECE.

attention : l’œuf dit fermier ne répond pas à un cahier des charges très clair. Pour les tribunaux, peut être qualifié de fermier ce qui est obtenu selon « des méthodes de production traditionnelle dans un circuit intégré à la ferme, en indiquant que les produits doivent provenir principalement de l’exploitation mais également des fermes voisines si l’exploitation conserve un contrôle direct sur les produits. En revanche, peu importent les modalités de commercialisation et le statut juridique de l’exploitation. » (source)

La législation en vigueur en matière d’étiquetage des œufs est indiquée sur le site de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).

Pour en savoir +

  • La DGCCRF, direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes publie des fiches synthétiques régulièrement mises à jour.
  • Les infographies publiées par l’association L214 sont très parlantes et vont au-delà des questions de marquage et étiquetage.
  • L’œuf bio ou labellisé a son syndicat : le comité national pour la promotion de l’œuf, CNPO. Il propose un test amusant pour évaluer vos connaissances en matière d’œufs, et nous indique aussi comment conserver ses œufs: il est préférable de les placer « tête en bas », sur la pointe, surtout si vous les conservez au réfrigérateur.
  • Tous les œufs du commerce sont de catégorie A, celle des œufs frais, voire extra-frais : ils « doivent être emballés et classés dès le premier jour ouvrable suivant leur arrivée au centre d’emballage et il leur est imposé une date limite de vente ou d’utilisation optimale » (source : unece.org). Pour en savoir plus sur ce codage par catégorie, v. article 2 du règlement (CE) n°589/2008 du 23 juin 2008
  • Les autres, dits de catégorie B, ne sont livrés qu’à l’industrie alimentaire. Vous trouverez toutes les infos utiles sur ces catégories, et bien davantage encore, dans ce document de l’UNECE, la Commission Economique des Nations-Unies pour l’Europe, spé. pages 8 et 9.
  • Cet article « Les œufs éthiques de l’Europe« , de Peter Singer, est intéressant aussi.
  • La PMAF est au salon de l’agriculture du 25 février au 4 mars 2012: allez lui rendre visite pour en savoir plus! En attendant, son site regorge d’outils pédagogiques comme cette fiche « poule ».
  • Pour cesser d’idéaliser la vie d’une poule bio, voire ce billet d’Anne Brunner sur son blog.
  • Au fait, savez-vous que les poules pondeuses ne sont pas les comparses femelles des poulets dont nous (pouvons) consommons(er) les chairs ? En effet, de même qu’il existe des vaches à lait et des vaches à viande, il existe des variétés de poules à œufs et d’autres de poule(t) à viande. L’une produit plus d’œufs que la moyenne, l’autre grossit plus vite. De ce fait, les poussins mâles qui ont le malheur de voir le jour dans un élevage de poules pondeuses, ne servant à rien à l’industrie, sont tués aussitôt, par gazage ou par broyage, souvent jetés vivants dans la broyeuse… Cela concerne 50.000.000 de poussins…
  • Pour réfléchir au fait de manger, ou pas, des œufs  : « Pourquoi manger des oeufs » sur le blog de Sandrine ; « la vie privée des poules », sur le blog de Véro-Diétimiam ; Planète Végane d’Ophélie Véron, par exemple.

P.S : si vous ne consommez pas d’œufs : ce blog vous propose du reste des dizaines de recettes « sans » et les 80 recettes au moins que Véronique Chazot et moi-même vous proposons dans notre livre Intolérances alimentaires, sensibilités, allergies : Comprendre (et vivre avec !) paru aux éditions Terre Vivante en avril 2016, sont pour ainsi dire toutes dépourvues d’œuf.

Article publié pour la première fois en 2012 et mis à jour au 20/08/2017. La réglementation étant complexe, ce billet n’est pas encore définitif et sera enrichi dans les semaines à venir. Si cela vous intéresse d’en suivre l’actualité, n’hésitez pas à vous abonner au blog, soit via la procédure en haut à droite du blog, soit en m’écrivant makanai.flo@gmail.com

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Posted in Choisir ses produits animaux, Du droit dans mon assiette, Le bio en question, Oeufs, Penser son alimentation.

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One Response

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  1. Anne-Marie PERNOD says

    Un article parfaitement écrit et superbement documenté. Un grand merci pour cet excellent travail! BRAVO!



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