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A la recherche du pain vivant – Du grain au pain

A la recherche du pain vivant
Il est des lectures que l’on fait dans une vie qui permettent plus que d’autres de creuser le sillon de son propre chemin, de perfectionner l’accord avec soi-même que l’on passe son temps à perdre, retrouver, perdre, retrouver, comme un pendule en mouvement constant, perfectionniste sensible intransigeant.

Les entretiens de Roland Feuillas avec Jean-Philippe de Tonnac sont de cette nature.

Nourriture

« Je pense que dans mon esprit, le pain est la métaphore parfaite de ce que nous entendons par nourriture. Si jamais nous pouvions le soustraire à un environnement qui le rend néfaste pour la santé, peut-être pourrions-nous alors lui restituer sa qualité de nourriture, apte à servir la santé de l’homme et pas sa maladie. La conquête du pain santé m’apparaît comme emblématique de ce mouvement de réhabilitation d’une alimentation saine, favorable aux hommes et à la terre qui les porte. » (p. 34)

Dépouillement

« Ma volonté depuis l’origine est de faire un pain qui par lui-même puisse nourrir l’humanité en nous. Sans ersatz, sans ajout, sans artifice. Le pain est par lui-même transsubstantiel. Il est déjà le pain de vie dans les champs, dans le cosmos, dans chacune des molécules qui le constituent. Nous ne sommes là que pour l’accompagner. Ma conviction est que ce pain, émanation de la nature, peut rendre plus humains ceux qui le mangent. Le pain nourrit notre bienveillance. Il la fortifie. Je n’ai donc pas développé de recette particulière, d’association particulière. Plus nous dépouillons nos gestes, nos intentions, plus nous servons ce qu’est le pain en essence. » (p. 84)

Accord avec soi-même

« La dépression est ce signe qui vient frapper à notre porte pour nous dire : changez votre vie, soyez en accord avec ce qu’il y a de plus authentique au fond de vous, de plus généreux, de plus bienveillant, de plus partageur. Et plus vous trouvez cet accord avec vous-même, plus la vie vous gratifie de ses dons. » (p. 89-90)

Terre

« S’intéresser au pain, c’est s’intéresser à la terre, c’est entrer dans le monde de la microbiologie des sols. C’est encore une fois l’extrême compartimentage des savoirs et des activités dans l’ère moderne qui a pu amener un boulanger à ne rien connaître de la terre où avait poussé son pain, si on peut se permettre ce raccourci. Et v’est une situation absolument dramatique. » (p. 193)

En savoir plus et lire un extrait sur le site de l’éditeur : A la recherche du pain vivant, Entretiens – Roland Feuillas et Jean-Philippe de Tonnac, Actes Sud, 2017, Collection Domaine du possible.

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Posted in 100 % végétal, Intolérances alimentaires : ressources, Livres, Livres sur le pain, Penser son alimentation.


One Response

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  1. Valérie says

    Tu nous donnes vraiment envie de lire cet ouvrage, Florence, et je te remercie pour cette suggestion. D’autant que je me pose souvent la question des dommages causés par cette injonction que font certains à limiter, voire supprimer, notre consommation de céréales, moi qui tu le sais suis végétarienne depuis plus de 30 ans et ne peux concevoir de considérer mon rapport à la terre seulement à travers les fruits, les légumes et les noix. La céréale, dont le pain instaure le lien qui unit l’homme à la nature grâce à son travail, me semble être le symbole d’un attachement puissant à notre identité terrestre, tout en affirmant une spiritualité sous-jacente à travers ce qui nous nourrit….



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