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Autonomie

« Partout, où que l’on naisse, l’enfant naît avec deux attentes viscérales : celle d’une mère qui l’aime de façon absolue, et celle d’un père qui lui assure la sécurité. C’est mal barré, donc, parce que tous les parents sont imparfaits et incapables d’offrir cela sans que l’enfant n’en ressente des manques.

Donc ces manques, l’enfant doit apprendre à les dépasser, se construire avec et en dépit d’eux.

D’abord, l’enfant est un être d’émotions.

(elle lève sa main gauche devant elle, à la verticale)

Puis l’enfant apprend à raisonner.

(elle lève sa main droite devant elle, à la verticale, et le bout de ses doigts droits arrive en bas des dernières phalanges de ses doigts gauches)

Vous voyez, Florence, je ne mets pas mes deux mains au même niveau.

Parce que l’enfant est d’abord émotions, il est d’abord dominé par elles, et il a tendance à le rester alors même qu’il devient rationnel.

(au fil de ses mots, elle referme le haut de ses doigts gauches sur le haut de ses doigts droits, formant comme un capuchon. La main droite se colle à la gauche et devient chapeautée par l’autre main).

Le travail d’autonomie que nous avons tous à faire, tous sans exception, consiste à libérer, doucement, notre raison de nos émotions.

(elle ouvre doucement les doigts gauches, libère la main droite, qui monte au même niveau que la gauche, parallèle à elle, séparée, autonome).

Pour ce faire, il nous faut faire la part des choses entre nos constructions mentales, liées à nos émotions, et nos réalités, que notre raison connaît bien ».

L’autonomie, cela se construit, bien sûr. Cela passe par une déconstruction, je crois que je ne le savais pas vraiment.

Je vous souhaite une belle journée.

Clématite d'Arnaud @Makanaibio.com 2017

Clématite d’Armand – @Makanaibio.com Mars 2017

 

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Posted in 15 minutes pour moi.


Galettes de riz croustillantes aux fruits secs

Nous avons eu la chance de tester récemment un riz et fruits secs façon tajine.

Nous l’avons apprécié en accompagnement pendant un repas, et comme il en restait, j’ai fait le soir de petites galettes de riz, bien croustillantes, qui nous ont beaucoup plu.

Galettes de riz aux fruits secs @Makanaibio 2017-3

La recette des galettes de riz aux fruits secs

Galettes de rix aux fruits secs façon tajine
 
Temps de preparation
Temps de cuisson
Temps total
 
Auteur:
Ingredients
Instructions
  1. Mélangez le reste de riz cuit avec l’œuf ou les œufs.
  2. Faites chauffer l'huile de coco vierge dans une poêle, sur feu moyen.
  3. Déposez dans la poêle des cuillères du mélange riz-œuf, aplatissez chaque cuillérée pour former des galettes. Laissez de l'espace entre les galettes, ne les serrez pas trop, afin de pouvoir les retourner facilement.
  4. Lorsque les galettes sont croustillantes et dorées sur le bord, que leur centre ne vous semble plus trop humide, retournez-les une à une et laissez griller sur l'autre face quelques minutes.
  5. Servez de suite, bien chaud.

Les petits +

  • L’huile de coco de cuisson peut être remplacée par une autre huile supportant la chaleur, mais vous y perdrez très sensiblement en saveur.
  • Les ingrédients du mélange de riz utilisé ici, biosont : 80% de riz long,  indica, ½ complet ; 15 % de fruits secs : abricots en cubes, raisins sultanines, amandes effilées ; 5% épices (curcuma, graines de cumin, cannelle, anis vert, paprika, graines de coriandre, gingembre, poivre noir, clou de girofle) et condiments (sel marin non raffiné, oignons émincés, sucre de canne roux, ail en poudre).
  • Ce riz est facile à préparer : 750 ml d’eau, on mélange le sachet, on cuit 12 minutes environ jusqu’à absorption du liquide.
  • Les galettes de riz croustillantes peuvent évidemment être préparées avec tout autre riz, y compris du riz non parfumé.
  • On peut aisément ajouter de petits dés de légumes, ou des légumes râpés, à ces galettes, et pourquoi pas des restes ou des fanes ?
  • Le petit bémol : Autour du Riz est un acteur important du commerce de riz équitable et bio en France, mais le riz de ce mélange n’est pas issu du commerce équitable.

Nota : billet sans liens commerciaux, non sponsorisé.

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Amandes et tournesol façon parmesan végétal

Ma plus jeune fille a le fromage en horreur, le meilleur ami de mon aînée est végétalien et adore venir manger chez nous, trouver un parmesan vraiment bon est mission relativement impossible -et hors de prix-, donc… parmesan végétal pour tous et tout le monde est content !

Ma version du moment est une adaptation du rawmesan de Save The Green.

Il ne faut pas hésiter à varier, innover, tester, de multiples combinaisons sont savoureuses.

Parmesan végétal amandes et tournesol @Makanaibio.com 2017

Amandes et tournesol façon parmesan végétal
 
Temps de preparation
Temps total
 
sigle sans soja sigle sans oeuf sigle sans lait
Auteur:
Pour: 150 g de poudre
Ingredients
  • 65 grammes d’amandes non grillées, non salées, avec ou sans leur peau, si possible européennes
  • 65 grammes de graines de tournesol décortiquées, non grillées, non salées, si possible françaises
  • 1 c. à café rase d’ail en poudre (achetée en petite bouteille de verre, rayon épices, en bio)
  • 15 grammes de levure maltée,
  • ½ c. à café de fleur de sel de Guérande
Instructions
  1. Placez tous les ingrédients dans un bon mixeur ou dans le bol d'un mortier.
  2. Mixez finement, ou pilonnez vigoureusement jusqu'à obtention d'une poudre qui vous satisfait.
  3. Dans les deux cas, mixeur ou pilon, il conviendra de mélanger régulièrement les ingrédients pour obtenir une poudre à peu près uniforme.
  4. A conserver dans un bocal bien fermé, au réfrigérateur.
Notes
Ce "parmesan" végétal semble à première vue ne pas contenir de céréales. Toutefois, la poudre de levure maltée est issue de céréales et contient du malt d'orge : elle n'est donc pas adaptée à celui ou celle qui doit suivre un régime de stricte exclusion des céréales, notamment de celles qui (blé, seigle, orge) contiennent du gluten.

N.B. : Si j’étais un commerçante, je n’aurai pas le droit de commercialiser mon mélange salé de poudres sous le nom de « parmesan », l’appellation étant strictement protégée dans le cadre de l’Union Européenne.

N.B.2 : le seul regret que j’ai de ne pas acheter souvent du Parmesan AOP exquis, est que, du coup, je n’ai jamais pu essayer de faire une soupe avec une belle croûte de parmesan dedans. Or, j’ai lu plusieurs fois que c’était un délice de faire cela : avez-vous déjà essayé ?

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La joie appréhensive

Plus de 15 minutes pour moi au quotidien, on est bien d’accord, mais ce que j’ai lu ce matin dans « Le pouvoir de la vulnérabilité » de Brené Brown (déjà plusieurs fois cité, que je lis petit à petit et qui est excellent) a tellement fait mouche que j’ai envie de le partager ici : puisse cela faire également mouche pour vous ! (Tiens, certains utilisent le slogan science for a better life, et si je lançais Makanai for a better life ?) (je plaisante, bien sûr ! C’est bon de rire)

Le contexte de la joie appréhensive

Brené Brown a identifié 3 formes de « boucliers » que nous sommes susceptibles de mettre en oeuvre, les uns et les autres, pour nous protéger de la vulnérabilité et de la honte qui va avec.

  • La joie appréhensive
  • Le perfectionnisme
  • L’anesthésie

Nous les incorporons, chacun à notre manière, dans nos « armures ».

La joie appréhensive

Je cite ci-dessous Brené Brown, dans sa traduction française. Les (…) indiquent que j’ai omis un mot ou passage, les mots en caractères gras sont ceux de l’auteur mais c’est moi qui les souligne.

« la joie est sans doute l’émotion la plus difficile à ressentir. Pourquoi ? Parce que quand on a perdu la capacité ou la volonté d’être vulnérable, on approche la joie avec une grande appréhension.(…)

Dans une culture de rareté, où on n’est jamais assez rassuré et en sécurité, la joie ressemble à un traquenard. « 

Du coup, nous alternons sans cesse entre des pensées positives, heureuses, la joie, et des visions, projections, scénarios, angoissants, affreux.

« On est toujours en train de s’attendre au pire. (…)

(on) ne veut pas « tenter le diable ». « 

Et ce faisant, nous passons à côté du moment présent, nous nous raidissons contre les délices de la joie.

« le concept de joie appréhensive, en tant que méthode de réduction de la vulnérabilité, est une sorte de continuum entre « répétition de la tragédie » et « déception perpétuelle ». (…) Les deux extrémités du continuum disent la même chose : s’abandonner aux moments heureux demande de la vulnérabilité.

(…)

On essaie de prendre la vulnérabilité de vitesse. On ne veut pas être aveuglé par la souffrance. On ne veut pas être pris au dépourvu. Alors on s’exerce à se sentir anéanti, ou on fait du surplace dans une déception choisie. »

Et nous avons d’autant plus tendance à agir ainsi que

« Notre culture favorise cette répétition du « tout en noir ». »

L’antidote à la joie appréhensive

Heureusement, tout n’est pas fichu, perdu, sans espoir !

Il existe un antidote à la joie appréhensive : c’est la gratitude.

Ne pas se détourner de la joie, célébrer ce qui est, ne pas s’excuser de ce que l’on a, être reconnaissant et l’exprimer, se réjouir, s’abandonner à la joie, bâtir la résilience, cultiver l’espoir.

« On intègre la joie, et quand les malheurs se produisent (et ils se produisent), on est plus fort. »

Je vous souhaite une belle journée joyeuse ! Ici, le soleil brille et les joies sont nombreuses lorsque j’ouvre les yeux et le cœur.

Merci.

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Posted in Instants du quotidien, La vie.


Merci

Je vais arrêter d’écrire au quotidien 15 minutes thérapeutiques sur ce support, ce blog, Makanai.

Il se peut bien que ce soit parce que la honte a terriblement envie de reprendre le dessus, et que j’ai besoin de me mobiliser solidement contre elle, en moi-même. Ce qui est sûr est que la colère bouillonne.

Vous n’y êtes pour rien, ceux d’entre vous qui me lisez avec tendresse, et je vous remercie du fond du cœur de m’accompagner de cœur à cœur.

Je vous sais là, bienveillants, et c’est une chance et un baume. Cela me fait un bien profond de regarder vers vous et de vous sentir là lorsque l’envie de céder à des émotions négatives, stérilisantes, me met au défi de lui résister : merci.

Siem Reap Cambodge @Makanaibio 2016

Siem Reap Cambodge @Makanaibio Février 2016

Nous sommes ensemble, de ce côté du monde qui a envie de tendre la main, de serrer dans ses bras, qui a envie d’œuvrer pour un collectif, qui vit avec le cœur et l’âme ouverts, courageusement. Ensemble du côté du monde qui n’est pas indifférent, pas passif, pas blasé, pas méprisant, pas pétrifié par la peur : merci !

C’est probablement notre force autant que notre fragilité, mais en aucun cas notre faiblesse.

A très bientôt, pour de nouvelles recettes et de nouveaux billets relatifs à notre alimentation -avec un cœur qui bat fort derrière, vulnérable et puissamment vivant tout à la fois.

Je vous souhaite une belle journée.

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De cœur à cœur

Nuit pénible, je m’y débats, tente de comprendre pourquoi ceci ou cela, de trouver des mots et le moment où l’autre dans mon rêve à demi éveillé pourra -voudra – saura m’entendre.

Je cherche en boucle à comprendre, à dire, à être entendue, et j’échoue, encore et à nouveau.

Mon besoin de clarté, d’équilibre relationnel, de dialogue du cœur au cœur, de mots et échanges vrais, d’humanité essentielle, est apaisé pendant le jour, mais hante mes nuits.

Je me réveille lentement, difficilement, groggy, toujours en échec, meurtrie parfois, mais surtout avec un lourd désespoir au profond du cœur.

Je bouge, alors, autre position qui me rappelle mon corps. Le désespoir s’accroît.

Le matelas est bon, la couette douce, P. est juste là et je me mets dans sa chaleur, son odeur, sa respiration. Il m’apaise infiniment. Nous communiquons, sans mots, dialogues de cœur à cœur.

Parfois ma tristesse est si intense qu’elle remplit sa coupe à tristesse, aussi, et j’ai tellement envie qu’il en soit autrement et que je ne sois que source de joie, paix, espoir, gaieté, et j’ai tellement peur aussi qu’ « à force », il ait besoin de mettre de la distance entre son cœur et le mien,  que je « prends sur moi », je me mets dans la vie, hop, le premier wagon qui passe, on agite son petit drapeau comme tout le monde, on fait des sourires, on rit quand il faut, on exprime même des envies. Des projets, il ne faut pas pousser, quand même, mais au moins des idées de réalisations « sympas », « positives ». Continued…

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Posted in 15 minutes pour moi, Instants du quotidien, Photographie.


Champagne !

La nuit et la journée écoulées ont été dures. Peut-être est-ce la honte qui a tellement détesté être écrite et regardée en face qu’avant, ou plutôt que de, se faner elle s’est fâchée et m’a attaquée ?

Je n’en écrirai que ceci : l’attaque a été vicieuse, mauvaise, et j’ai cru que j’allais rester à terre.

Bref.

Dans l’après-midi, je me suis obligée à sortir dans notre jardin et j’ai pris quelques photos : choisir la beauté !

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Cela ne m’a pas suffi. J’ai dit à P., inquiet de me voir ainsi, « je n’ai même pas fait mes 15 minutes du jour ! »

« Mais nous sommes samedi ! Le week-end, tu te reposes et c’est parfait comme ça ! »

Ah mais oui, tiens…

Je suis sortie faire quelques courses, seule, pour rompre les spirales qui étaient en train de me siffler aux oreilles, et obliger ce corps qui s’amuse à me faire défaut, à se souvenir que c’était moi qui restait aux commandes des efforts que je voulais lui faire faire.

Je me suis choisi quatre magazines pour me faire plaisir : un de photo, un de cuisine, un pour le potager que nous allons mettre en place, et un pour me poser, me reposer, m’aider à me remettre en route.

J’ai senti mon humeur s’alléger, le plaisir de juste être et l’espoir de sortir de cette mauvaise passe pointer le bout de leurs nez.

J’ai acheté un peu de saumon fumé, petit luxe.

J’ai appelé P. et lui ai dit « je sens que la joie revient. » J’ai entendue sa joie en retour.

J’ai récupéré notre toaster qui était en réparation, je suis rentrée, nous avons dîné de toasts de pain de mie maison (j’ai trouvé « la » recette, je l’ai déjà faite x fois et c’est toujours un grand succès, mais chuuut, secret jusqu’en 2018…), de saumon fumé et savouré la dernière bouteille de champagne de notre cave.

Que le plaisir revienne ! Je croise les doigts.

A demain (ou pas… mais à bientôt en toute hypothèse).

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Posted in 15 minutes pour moi, Photographie.


La honte

Tard dans la nuit, hier, j’ai repris la lecture du livre de Brené Brown, le pouvoir de la vulnérabilité.

Beaucoup m’intéresse dans ce livre.

Il me semble dans un premier temps ne pas me surprendre, et plutôt préciser, ciseler, des éléments (mélanges de savoirs, d’observations, d’émotions, d’expériences, d’intuition) qui ne me sont pas étrangers.

Et puis subitement je sens mon cœur qui s’affole, je sens que quelque chose bouge fort.

En ce moment, ceci (c’est moi qui met en gras certains termes) :

« Quand les gens que nous aimons se désintéressent de nous, quand ils cessent de nous prêter attention, d’investir dans la relation et de lutter pour elle, la confiance commence à disparaître et la souffrance à s’infiltrer. Le détachement déclenche la honte et les plus grandes peurs, celles d’être abandonné et indigne d’attention et d’amour. »

(…)

« J’œuvrais jusqu’à ne plus avoir d’énergie pour ressentir. Je fabriquais des certitudes avec l’incertitude, à n’importe quel prix. J’étais si occupée que ma souffrance ne pouvait pas m’atteindre. Extérieurement, j’avais l’air courageuse et, intérieurement, j’étais terrifiée. »

(…)

« J’ai aussi compris que les gens qui m’aiment, ceux dont je dépends réellement, n’ont jamais joué les critiques en me montrant du doigt quand je faisais un faux pas. Ils n’étaient pas dans les gradins, ils étaient avec moi dans l’arène. Combattant pour moi et avec moi.

Rien n’a autant transformé ma vie que de comprendre que c’est une perte de temps d’estimer sa propre valeur à la réaction des gens. »

(…)

« Beaucoup oser requiert d’avoir le sentiment de sa propre valeur. A l’opposé, la honte pousse les Gremlins (les refrains de la honte, les messages de doute et d’autocritique que nous véhiculons dans nos têtes) à remplir les têtes d’injonctions toutes différentes, comme :

-Ne prends pas d’initiatives ! Tu n’es pas assez doué !

-N’essaie pas de te grandir ! »

(…)

« Résister à la honte, c’est être capable de dire :

– Ca fait mal. C’est décevant, et peut-être même dévastateur. Mais ce ne sont pas le succès, la reconnaissance et l’approbation qui me motivent. C’est le courage, et je viens d’être courageux. Passe ton chemin, honte. »

Précision : pour Brené Brown

« la honte est la peur de perdre le contact avec autrui. (…) la peur qu’une chose que nous avons faite ou échoué à faire, un idéal que nous n’avons pas atteint, nous rende indigne de contact. Je suis indigne d’amour, d’intimité et de contact. On ne peut pas m’aimer. Je ne mérite pas d’appartenir à ce groupe. (…) Le honte est l’expérience profondément douloureuse de croire qu’on est défaillant et par conséquent indigne d’amour, d’intimité ou de contact.« 

Je me suis mise à trembler en commençant à recopier ces passages, puis cela s’est apaisé.

Je n’ai pas mis de minuteur en ce début d’après-midi, pour écrire ici sans voile de ça va.

Je crois qu’au fond du fond, si je publie chaque jour ici depuis quelques jours les mots qui viennent en moi, c’est pour résister à la honte d’être fragile -dans mon corps et dans mon être- et de me ressentir comme insuffisante, indigne, depuis ce que je perçois comme toujours.

Si j’étais restée dans le silence, ou la parole chuchotée, suggérée, à ceux que je vois dans l’arène avec moi et que je sais combattre avec moi, la honte aurait continué à être la grande victorieuse de cette affaire qu’est ma vie.

« La honte tire son pouvoir du fait d’être indicible. C’est pourquoi elle adore les perfectionnistes. Il est facile de les faire taire. En prenant suffisamment conscience de la honte pour la nommer et l’exprimer, on lui coupe littéralement l’herbe sous le pied. La honte déteste les mots. Une fois exprimée, elle commence à se faner. De la même manière que la lumière est mortelle pour les Gremlins, le langage et le récit éclairent et détruisent la honte. »

Passe ton chemin, honte. Les rênes de ma vie sont entre mes mains.

A demain.

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Nouveaux rythmes et nouvelles habitudes

Hier : une nuit mauvaise et agitée, une sorte de sidération à avoir été arrêtée pendant 1 mois, une journée dure, un « fond » touché pendant un instant, des larmes et le besoin de les laisser couler, seule, dans le jardin, une fatigue déferlante, l’air qui manque, le besoin de s’asseoir sur un banc pendant la promenade, le corps qui freine.

Mais aussi : l’amour qui circule et s’exprime, le soleil, les fleurs, l’air, les oiseaux, P. attentif et présent, et qui nous a préparé son délicieux risotto aux champignons, nos filles, des rires, une délicieuse salade pour le diner, la promenade, les légumes frais, le printemps qui s’installe, ce moment où j’ai eu l’impression d’être de nouveau présente à moi-même, « alignée ».

Hier : l’envie de retourner à la piscine, de recommencer à nager 1 km de crawl, de sentir mon corps se délier, se raffermir, d’avoir ce temps étrange et merveilleux juste à moi dans l’eau, sous l’eau, hors de l’eau.

Mais aussi : la réalisation que c’était insensé, que j’étais incapable de nager 1 km avec cette respiration qui manque, peut-être un peu incapable de nager le crawl avec cette épaule gauche qui gêne, que le froid avant l’eau, à l’entrée dans l’eau, après l’eau, serait une agression dont je dois me protéger, que la voiture pour rejoindre la piscine était une vigilance en trop.

Et alors : l’évidence que plusieurs possibles sont à ma portée, que je peux chausser les tennis avec lesquels ma marche est relativement stable et marcher à partir de chez moi, qu’il y a des dizaines de bancs pour des pauses, que je ne suis pas pressée, que cela me fait un bien profond de marcher, de sentir, ressentir, respirer, « même si ».

Qu’il n’est pas utile, encore moins indispensable, que je me fixe des défis du style « 20 minutes », « 1 heure », « comme ceci », « comme cela », « à telle heure ».

Que je n’ai qu’à lacer ces chaussures avec lesquelles je suis en sécurité et ouvrir la porte et vivre, « même si », « alors que », « quand bien même ».

Nouveaux rythmes, nouvelles habitudes.

Pour le moment, je dois fragmenter mon temps, ou plus exactement je dois apprendre à laisser mon temps se fragmenter, à son rythme : ce n’est pas moi qui fixe, sauf pour ces 15 minutes d’écriture, le temps que je vais consacrer à telle ou telle activité, quelle qu’elle soit. C’est mon corps, ma conscience de moi, mon intuition, ma présence attentive à moi-même (nouvelle habitude, qui va qui vient), qui m’indiquent que stop, là je dois faire une pause, que go, là je peux y aller.

C’est étrange, nouveau, pas facile pour moi qui depuis des années suis plus hyperactive qu’attentive à moi-même, plus dans le « je dois, je vais, je veux » que le « j’ai envie, puis-je, est-ce bon ».

J’ai de la chance de pouvoir me poser/pauser pour mettre en place autre chose, au fond.

L’été succédera à cette saison, puis l’automne et l’hiver, pas de béatitude en vue, ni de nirvana ou d’équilibre acquis une bonne fois pour toutes.

Mais, alors qu’hier je me sentais piégée et n’avais aucune idée de la direction du prochain pas à faire, ni aucune idée qu’il y allait avoir un chemin, aujourd’hui je sais que la route a recommencé à se dérouler sous mes pas.

A demain.

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Piégée

Hier, elle était douce, l’avalanche, finalement.

Aujourd’hui, je me sens, non pas vulnérable ou fragile mais nue, réduite à ma structure la plus élémentaire.

Pas de chichis, de trompe l’œil, de surplus, de fard.

Le voile est levé, la lumière est dure, harsh.

Pas froide, pas agressive. Mais il n’y a rien en trop. Ni devant moi, ni en moi, ni autour de moi.

Moi, l’essence de moi et ma structure corporelle sans atours.

Heureusement, je peux aller dans le jardin, pieds sur le sol, sur la terre, et ça m’ancre et m’apaise. P. est là, attentif, protecteur, il me rappelle doucement tous les possibles pour que je m’ancre, de plus en plus, de mieux en mieux.

Un jour, je recommencerai à sentir la sève qui monte et qui nourrit et irradie, et les bourgeons qui se forment et gonflent !

Un jour, bientôt, je sentirai que mes racines, en exacte symétrie à cette énergie hors du sol, se développent et se délient, foncent à vive allure, toniques et gaies et solides, pour assurer mon assise et permettre ce bel épanouissement de moi, que je verrai, que je savourerai.

Ca sera glorieux, joyeux, lumineux, puissant. J’aurais envie de danser et tous ceux autour de moi aussi !

Il y aura beaucoup de rires, et tellement d’échanges, nos cœurs connectés et une célébration de la vie dans toute sa splendeur et ses promesses !

Hier, mon médecin a levé le voile pour moi. Je savais qu’il fallait que je commence à le soulever. J’ai levé un petit coin du bout des doigts, déjà puissamment gênée. Il m’a amenée, doucement, fermement, à laisser tomber le voile à mes pieds. Il a dit le voile, il a dit ce qui était dessous. Il a examiné ce corps qui me fait très mal, il m’a mise en souffrance, et il m’a arrêtée pour 1 mois de plus, sans me demander mon avis. Je me suis sentie piégée.

Aujourd’hui, aucun faux semblant, aucun faux courage pour faire comme si. C’est essentiel, je sais que c’est bénéfique au fond, mais ce que c’est dur.

Heureusement, je ne suis pas seule, loin s’en faut.

Hier, par exemple, Anne D. m’a envoyé ceci (et à ma demande, m’a autorisée à le partager aujourd’hui avec vous).

Pavot bleu

Oh la beauté ! Oh le cœur qui parle au cœur !

Merci.

Demain sera superbe.

A demain

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