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La honte

Tard dans la nuit, hier, j’ai repris la lecture du livre de Brené Brown, le pouvoir de la vulnérabilité.

Beaucoup m’intéresse dans ce livre.

Il me semble dans un premier temps ne pas me surprendre, et plutôt préciser, ciseler, des éléments (mélanges de savoirs, d’observations, d’émotions, d’expériences, d’intuition) qui ne me sont pas étrangers.

Et puis subitement je sens mon cœur qui s’affole, je sens que quelque chose bouge fort.

En ce moment, ceci (c’est moi qui met en gras certains termes) :

« Quand les gens que nous aimons se désintéressent de nous, quand ils cessent de nous prêter attention, d’investir dans la relation et de lutter pour elle, la confiance commence à disparaître et la souffrance à s’infiltrer. Le détachement déclenche la honte et les plus grandes peurs, celles d’être abandonné et indigne d’attention et d’amour. »

(…)

« J’œuvrais jusqu’à ne plus avoir d’énergie pour ressentir. Je fabriquais des certitudes avec l’incertitude, à n’importe quel prix. J’étais si occupée que ma souffrance ne pouvait pas m’atteindre. Extérieurement, j’avais l’air courageuse et, intérieurement, j’étais terrifiée. »

(…)

« J’ai aussi compris que les gens qui m’aiment, ceux dont je dépends réellement, n’ont jamais joué les critiques en me montrant du doigt quand je faisais un faux pas. Ils n’étaient pas dans les gradins, ils étaient avec moi dans l’arène. Combattant pour moi et avec moi.

Rien n’a autant transformé ma vie que de comprendre que c’est une perte de temps d’estimer sa propre valeur à la réaction des gens. »

(…)

« Beaucoup oser requiert d’avoir le sentiment de sa propre valeur. A l’opposé, la honte pousse les Gremlins (les refrains de la honte, les messages de doute et d’autocritique que nous véhiculons dans nos têtes) à remplir les têtes d’injonctions toutes différentes, comme :

-Ne prends pas d’initiatives ! Tu n’es pas assez doué !

-N’essaie pas de te grandir ! »

(…)

« Résister à la honte, c’est être capable de dire :

– Ca fait mal. C’est décevant, et peut-être même dévastateur. Mais ce ne sont pas le succès, la reconnaissance et l’approbation qui me motivent. C’est le courage, et je viens d’être courageux. Passe ton chemin, honte. »

Précision : pour Brené Brown

« la honte est la peur de perdre le contact avec autrui. (…) la peur qu’une chose que nous avons faite ou échoué à faire, un idéal que nous n’avons pas atteint, nous rende indigne de contact. Je suis indigne d’amour, d’intimité et de contact. On ne peut pas m’aimer. Je ne mérite pas d’appartenir à ce groupe. (…) Le honte est l’expérience profondément douloureuse de croire qu’on est défaillant et par conséquent indigne d’amour, d’intimité ou de contact.« 

Je me suis mise à trembler en commençant à recopier ces passages, puis cela s’est apaisé.

Je n’ai pas mis de minuteur en ce début d’après-midi, pour écrire ici sans voile de ça va.

Je crois qu’au fond du fond, si je publie chaque jour ici depuis quelques jours les mots qui viennent en moi, c’est pour résister à la honte d’être fragile -dans mon corps et dans mon être- et de me ressentir comme insuffisante, indigne, depuis ce que je perçois comme toujours.

Si j’étais restée dans le silence, ou la parole chuchotée, suggérée, à ceux que je vois dans l’arène avec moi et que je sais combattre avec moi, la honte aurait continué à être la grande victorieuse de cette affaire qu’est ma vie.

« La honte tire son pouvoir du fait d’être indicible. C’est pourquoi elle adore les perfectionnistes. Il est facile de les faire taire. En prenant suffisamment conscience de la honte pour la nommer et l’exprimer, on lui coupe littéralement l’herbe sous le pied. La honte déteste les mots. Une fois exprimée, elle commence à se faner. De la même manière que la lumière est mortelle pour les Gremlins, le langage et le récit éclairent et détruisent la honte. »

Passe ton chemin, honte. Les rênes de ma vie sont entre mes mains.

A demain.

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Posted in 15 minutes pour moi.


13 Responses

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  1. Alexandra says

    Je suis dans l’arène avec toi, si tu veux bien ;-) Merci pour tes billets, Flo !

  2. Caroline says

    La honte… Difficile d’en sortir. Et même quand on sait qu’autour, les gens ne jugent pas. À situation différente, même sentiment pourtant.
    Je retiens le « c’est une perte de temps d’estimer sa propre valeur à la réaction des gens ». Je le sais. Et pourtant.
    Bises à toi, Flo.

  3. Isabelle says

    Merci beaucoup… touchée… émue…

  4. Hubert says

    Le chemin se mesure à la longueur et au nombre de nos propres pas !
    Si les « autres » sont obligés de courir ou de ralentir c’est leur problème, ou bien, leur solution …
    Le plus dur à supporter pour le « malade », je parle en connaissance de cause) c’est l’entourage proche !
    L’Amour et la bulle d’Amour dans laquelle on se place (pas réfugie surtout !) est la solution la plus performante et à coût nul disponible et renouvelable à chaque instant et qui ne porte JAMAIS de jugement.
    Chaque alerte douleur est un avis d’état de pré scorbut .

  5. Miss Pat' says

    Devrait-on « résister » à la honte ? La combattre, la rejeter donc, au final ? Le sentiment de honte est très prégnant chez moi. J’aime lire les livres de développement personnel. Il y en a un qui m’intéresse en ce moment particulièrement. Son titre peut faire penser qu’il s’agit d’un livre assez commercial, assez simpliste, et puis finalement j’ai découvert un ouvrage profond et qui parle vraiment de l’essentiel d’une manière tellement intelligente. C’est un ouvrage très pratique également puisqu’il comporte de nombreux exercices. Je le conseille à tous ! Des bisous !

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  1. Champagne ! - MakanaiMakanai linked to this post on 18 mars 2017

    […] nuit et la journée écoulées ont été dures. Peut-être est-ce la honte qui a tellement détesté être écrite et regardée en face qu’avant, ou plutôt que de, se […]

  2. Merci - MakanaiMakanai linked to this post on 21 mars 2017

    […] se peut bien que ce soit parce que la honte a terriblement envie de reprendre le dessus, et que j’ai besoin de me mobiliser solidement […]

  3. La joie appréhensive - MakanaiMakanai linked to this post on 22 mars 2017

    […] de mettre en oeuvre, les uns et les autres, pour nous protéger de la vulnérabilité et de la honte qui va […]



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