Je ne sais pas si je vous ai déjà avoué une de mes faiblesses coupables…

Mais peut-être l’aviez-vous devinée…

Bon, j’avoue : j’accumule depuis quelques lustres recettes, magazines et livres de (ou autour de la) cuisine.

Des centaines, des milliers, des centaines de milliers de recettes? Impossible de les compter…

J’espère que vous soupirez avec moi “Mais c’est quasiment pareil/pareil/pire chez moi!” Je dois dire que je me sens souvent assez ridicule d’avoir tant acquis ou m’être fait offrir, puis, après lecture toujours passionnée, avoir rangé avec soin et si peu exploité, ne pas avoir fait mon miel de tout ce que tel ou tel ouvrage m’offrait…

Heureusement, avec l’âge vient la sagesse (hum, hum : c’est surtout que c’est embarrassant de tenter d’éduquer des enfants sans leur montrer l’exemple…), et j’ai donc décidé :

  1. de ne plus acheter un seul nouveau livre de cuisine jusqu’à la fin de l’année 2010 (J., toi à qui j’ai déjà déclaré cela plusieurs fois cette année, je t’interdis de rire!)
  2. de ranger toutes mes fiches/coupures de cuisine plus ou moins éparses dans un joli casier de bois (que j’aime d’amour, je me lui suis offert quand j’ai commencé ma thèse de doctorat, dans les années 90*, il a été dépositaire de centaines de fiches auxquelles j’ai tenu, jadis, comme à la prunelle de mes yeux)
  3. de me séparer des livres que je n’aime décidément plus ou dont je sais que je ne me servirai jamais (un énorme sac a déjà quitté le domicile, snif, mais je dois encore écrémer, je sais bien… Je procède par étapes…)
  4. de ne pas hésiter à jeter ce que je ne ferai jamais ou ce dont je possède déjà 43 recettes (des sacs de tri sélectif papier décorent désormais mon bureau)
  5. et, last but not least, de tester un maximum de recettes issues des livres que j’ai et que j’aime (j’ai ainsi de quoi cuisiner tout le restant de ma vie, je le crains…)

Et je compte bien partager avec vous mes expériences. Qu’en dites-vous?

Allez, je commence.

Le premier ouvrage tiré de ma bibliothèque est l’oeuvre d’Olympe, ou la gourmande impatiente, et s’intitule Les 146 recettes de La Casa.

146-casa-olympe

Olympe Versini est chef des fourneaux de la Casa Olympe depuis 1993. Un restaurant où j’ai diné 2-3 fois, du temps de la thèse sus-mentionnée et de ma vie parisienne, et où je me suis à chaque fois absolument régalée. J’aime cette cuisine, franche, généreuse, savoureuse, goûteuse, délicate quoique sans chichi ou fioriture. Savez-vous si le restaurant est aujourd’hui encore le même que celui que j’ai connu et aimé? Je n’ai pour ma part pas eu l’occasion d’y retourner, et pas vraiment l’envie non plus, de peur d’être déçue, parce que goûter à la cuisine d’Olympe a vraiment marqué une étape dans l’éducation de mon palais puis dans ma propre cuisine. Il faut dire que le début des années 90 a vu l’éclosion du concept de nouveau bistrot, où des cuisiniers formidablement talentueux proposaient (grande nouveauté) des cartes courtes à prix doux.

Mais revenons au livre. Ces “146 recettes de La Casa” ont pour la plupart des titres qui me font saliver instantanément. Quelques exemple : moules de bouchot à l’huile d’olive, cumin et citron confit ; filet de daurade en papillote, tartelette de cébette, compote de tomates; cabillaud au beurre de violets et ragoût de persil;  cocotte de lapin aux haricots blancs, tomates crémées ; cerises poêlées au banyuls, glace pistache; fruits rouges aux olives noires confites; crème brûlée au café et aux deux sucres…

Evidemment, dans ma cuisine familiale + fauchée + pressée + multiples intolérances alimentaires, aucune place pour une barbue entière rôtie, chantilly aux épices et aux herbes, des crépinettes de pieds de veau aux légumes sautés ou des oeufs brouillés au corail de Saint-Jacques! Mais, au-delà du plaisir que j’ai ces jours-ci à relire ce livre et à voyager dans mon imaginaire gourmand, j’y trouve d’excellentes idées et même quelques recettes pile-poil parfaites.

Ainsi, ces sardines crues marinées (p.66) nous ont-elles régalés tout récemment. Tant et si bien que je n’ai même pas eu le temps de les photographier…

En voici ma version (rappelez-vous, je suis incorrigiblement incapable de suivre une recette). Je vous la recommande en cette pleine saison de sardines d’une fraîcheur exemplaire, c’est exquis. Surtout si vous pouvez griller de belles tranches de pain (au levain maison) pour les accompagner. Mmmmm!

Pour 4 convives

  • 12 petites sardines très fraîches, dont vous aurez (fait) leve(r) les filets
  • 1 citron
  • du persil plat
  • de la fleur de sel de Guérande
  • de l’huile d’olive (première pression à froid)

La recette

  1. Rincer les filets de sardines et les sécher sur un papier absorbant.
  2. Dans une petite terrine, déposer un filet d’huile d’olive et quelques pincées de fleur de sel.
  3. Y déposer 3 filets de sardines.
  4. Recouvrir d’un filet d’huile d’olive, puis d’un filet de jus de citron frais, un peu de fleur de sel et (beaucoup) de persil plat effeuillé (grossièrement) à la main.
  5. Déposer 3 nouveaux filets de sardines et répéter ces opérations jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sardines, en finissant par huile+citron+sel et persil plat.
  6. Ajouter ce qu’il faut d’huile d’olive, au besoin, pour que les sardines soient bien protégées.
  7. Réservez au réfriférateur au moins 30 minutes, 24 heures au maximum.

Délicieux avec du pain grillé ou en contrepoint atypique d’une purée à l’huile d’olive jumelle de celle que la propose Olympe (p.176) : 1 kg de pommes de terre à chair ferme lavées mais non épluchées cuites à l’eau bouillante salée puis égouttées et passées toujours non épluchées (c’est là ma note flemmarde mais qui apporte une saveur que, chez moi, nous aimons énormément) au presse-purée avec, régulièrement, un filet d’huile d’olive.

Miam.

D’autant que la sardine est un des poissons dont la consommation doit être privilégiée.

* : 1990, pas 1890 ou pire. Je tiens à préciser parce qu’une de mes filles -et pas la plus petite!- m’a demandé il n’y a pas si longtemps si j’avais vécu au moment de la préhistoire (…!!) (La réponse est NON, au cas où 😉 ) tandis que mon aînée m’a assommée aujourd’hui d’un “oh arrête Maman, tu vas pas jouer à la femme moderne!”… gloups…!

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