Pour que ma famille mange bien et fait maison tous les jours avec un minimum de contraintes, j’ai d’abord changé de perspective, tout en mettant en pratique la leçon du radis que m’a enseignée ma mère.

Etablir un planning hebdomadaire de rotation d’aliments et non pas de menus s’est aussi révélé une aide précieuse.

J’ai longtemps cru, pourtant, que me simplifier la vie côté cuisine passait par l’établissement d’un planning de repas, de menus hebdomadaire.

Et je l’ai fait, sur le modèle du planning de repas que j’ai partagé avec vous en 2010, élaboré avec les conseils judicieux de Véronique, diététicienne.

Mais pas toutes les semaines.

Et avec de moins en moins d’enthousiasme.

Pour m’avouer finalement, en septembre dernier, que cela ne me convenait pas.

Car autant j’aime préparer des muffins, ou des cookies, ou une salade composée, ou tout cela à la fois, quand j’en ai envie, autant je déteste avoir à le faire parce que mon menu me l’indique.

Même si je suis l’auteure dudit menu…

Alors j’ai sollicité Mr Makanai, nous avons pris une feuille et un beau stylo et remué nos méninges avec conviction.

Il en est sorti un planning un peu différent.

  • pas de plat spécifique pour le lundi suivant (ex: un gratin de pâtes aux légumes) mais seulement la mention de ses ingrédients principaux (ex: pâtes, légumes, lait végétal)
  • pas de mention des végétaux car, pour Mr Makanai comme pour moi, il est complètement intégré d’aller se réapprovisionner en fruits et légumes si le stock devient dangereusement bas: inutile, donc, pour nous, de le planifier
  • une planification des repas avec 12 ou 24h d’avance (ex: mention “faire tremper pois chiches” le mercredi quand des pois-chiches sont prévus pour le jeudi soir)
  • une liste hebdomadaire invariable de produits animaux frais (viande, poisson, oeufs) à acheter au marché, chez nos commerçants favoris.

Mais cette nouvelle organisation a duré 6-7 semaines, pas plus.

Pourquoi?

  • insuffisante planification de la rotation alimentaire (ex: si pâtes le lundi, ne pas en prévoir avant le jeudi), indispensable pourtant pour maintenir notre famille d’intolérants alimentaires en bonne santé
  • un planning trop répétitif d’une semaine sur l’autre. La liste invariable hebdomadaire était une mauvaise idée
  • faible lisibilité d’une planification qui mélange ce que l’on prévoit de manger le soir même et ce qu’il faut préparer pour le lendemain
  • sentiment de culpabilité induit par le fait que nous n’arrivions pas/n’avions pas envie de suivre le menu (même dans sa version liste d’ingrédients) programmé

Nouveau brainstorming.

Et cette fois-ci nous avons procédé par élimination: exit tout ce qui n’a absolument pas besoin d’être planifié.

C’est-à-dire, pour nous:

  • exit toute mention des fruits et des légumes puisque nous n’avons aucun mal à penser à les acheter comme il nous convient puis à les consommer
  • exit aussi toute mention des protéines animales, dont la gestion ne nous pose depuis longtemps aucun problème (nous achetons 3 portions de volaille chaque vendredi au marché, 12 oeufs et 2 portions de poisson et nous avons toujours au congélateur un sachet de lard fermier coupé en lardons, et dans le cellier 3-4 boites de bonnes sardines et/ou maquereaux.)
  • exit enfin le sucré: non seulement il n’est pas nécessaire, mais surtout il dépend de mon envie, voire de celle des enfants, d’en faire (Mr Makanai n’en fait jamais). Et s’il n’y en a pas, tout le monde se satisfait de fruits et/ou galettes+ confiture ou miel et/ou purée d’amandes ou de cacahuètes, aliments qui sont de toute façon quasi toujours en stock.

Il en est resté un planning simple de rotation des féculents, les aliments incontournables de nos repas que nous n’arrivions pas bien à varier, voire auquel il nous était peu naturel de penser (pour mieux visualiser ce planning, cliquer sur l’image en début de billet).

Désormais, proposer à manger à chaque repas est devenu très simple : sans y penser, nous préparons le féculent inscrit sur la liste + des légumes, selon ce que l’on a en stock.

Pour nous, ça marche vraiment très bien.

D’autant que chaque féculent connaît de multiples déclinaisons: le sarrasin peut être farine ou concassé, les pâtes de riz ou de kamut, il existe de dizaines de variétés de riz, plusieurs de haricots secs, les lentilles corail vont à merveille dans les soupes, les tartinades ou les galettes de légumes etc.

Rien ne bride plus notre imagination, et si cette dernière est profondément endormie, la préparation la plus basique nous conviendra de toute façon.

Et vous, comment planifiez-vous vos repas?

N.B. : ce billet fait partie de la série “Manger bien et fait maison tous les jours avec un minimum de contraintes

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