Une marque de produits sans gluten fait ces jours-ci de la publicité tous azimuts, célébrité du monde du sport à l’appui. On ne peut pas y échapper, sur tous types de support. Et cela me met en colère car cette marque vend des produits 100% industriels à la composition nulle, donc à consommer de façon occasionnelle, avec plus que de la modération : avec retenue ! OK, c’est pratique, ça s’achète en grande surface, ça permet de manger “comme tout le monde”, etc. etc. Et c’est d’ailleurs précisément pour cela que j’ai dit OK pour acheter un paquet de 4 pains burger, dont mes filles avaient envie. Pourquoi pas, une fois par mois, le truc qui fait plaisir et qui ne demande aucun temps de préparation en cuisine. Mais bon sang, regardez la composition : c’est de la junk food, autrement dit de la malbouffe !

Ingrédients pains burger sans gluten GMSEau, comme ingrédient majoritaire ==> pas cool, parce que le produit est assez cher tout de même…

Amidons : de maïs, (modifié) de pomme de terre et (modifié) de tapioca ==> = sucres, sans protéines + produit raffiné, nutritivement nuls.

Farine, quand même, mais de soja : un allergène reconnu, d’où le nom en gras, qui indique cette caractéristique. Là n’est pas le problème. Le problème est que les hydrates de carbone employés pour cette recette (maïs, soja, surtout, mais pommes de terre aussi) sont également celles qui nourrissent massivement les poules dont vous mangez les oeufs, les vaches dont vous mangez la viande/buvez ou mangez le lait, les cochons dont vous consommez les sous-produits, et j’en passe : overdose assurée de ces céréales, dont les effets sur nos santés sont régulièrement décriés… (et puis vous savez, la formule de Paracelse selon laquelle la dose fait le poison ? Eh bien là, on est servi si on consomme plusieurs produits sans gluten de ce type par jour : overdose de maïs, pomme de terre et soja garantie !).

Epaississants : attention aux gommes, que beaucoup ne supportent pas bien sur le plan digestif. Or, la plupart des produits sans gluten en GMS en contiennent. Maux de ventre assurés pour moi, par exemple…

Et vous avez vu l’analyse nutritionnelle ? Un seul exemple, celui de la teneur en sel du produit. Avec 0.97 g soit 16% des Apports Quoodiens de Référence (AQR), en mangeant 2 pains burger (ce que mes filles m’assurent la norme quand leurs ami-e-s mangent des burgers, vous validez ? Je trouve ça énorme…), le (gros) mangeur aura ingéré 32% de ses AQR en sel, auxquels il faudra ajouter, en bonne logique de “je mange comme tout le monde” (c’est le principe du produit, n’est-ce pas?), le sel de la viande, des frites, du fromage, qui garniront ces petits pains. Au secours…

L’argument “sans gluten” et “contient des fibres” ne l’emporte pas, de mon point de vue, sur tous les éléments négatifs qui précèdent : c’est de la malbouffe, à réserver à des moments rares, tout au plus.

En revanche, c’est franchement mieux pour la célèbre marque B. et ses pâtes sans gluten, garanties sans OGM, vendues parmi les pâtes de blé, sans grand renfort d’affichage du fait qu’elles ne sont composées que de farines (et pas d’amidons!) de maïs (jaune et blanc) et de riz, d’eau, et d’un émulsifiant (sans doute huile de palme…). Pas chères du tout (autour de 2€ les 400 g) par rapport à des pâtes “sans” en magasin bio, elles ont bon goût, belle tenue : on adopte, pour une belle assiette de pâtes une à deux fois (max car on limite les céréales chez nous) par semaine, pour le plaisir de tous. Et si vous regardez l’analyse nutritionnelle du produit, ci-dessous, et qu’en plus vous servez les pâtes avec une super sauce bourrée de légumes, franchement, par rapport aux pains ci-dessus, “il n’y a pas photo”, non ?

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Je précise que je ne suis pas du tout sponsorisée ou partenaire de l’une ou l’autre de ces marques, que j’achète d’autant plus rarement que je ne fais mes courses en supermarché qu’à titre occasionnel (je me fournis au marché, auprès de commerçants locaux ou fermier bio à 15 km de chez moi).

J’ajouterai aussi que ce n’est pas parce qu’on mange “sans” chez soi que l’on mange ipso facto sain. Consommer à chaque repas des pâtes “sans” avec une micro dose de sauce tomate par exemple et un yaourt en dessert, n’est pas équilibré ni équilibrant !

Et vous, pensez-vous que trop de “sans gluten” (commercialisé ou vanté ici ou là) fait passer pour sain ce qui ne l’est pas ?

D’autant que pour manger sans gluten, il existe tant d’alternatives au blé, à l’épeautre, au seigle, à l’orge, et assimilés, comme céréales, (et tant d’alternatives aux céréales…) et tant d’alternatives aux produits industriels “enrichis” de gluten sous une forme ou sous une autre… Manger “sans” est en réalité très simple, si ce n’est qu’on doit tout faire soi-même ou presque (ce qui peut être super galère, je suis bien placée pour le savoir, mais n’est pas lié à la difficulté de trouver des produits ou recettes “sans”, juste au fait que l’industrie comme l’artisanat du tout préparé usent et abusent du gluten -et du lait-, notamment…).

Je précise, pour finir, que je ne considère pas le gluten comme la protéine (enfin, les protéines, mais c’est un autre débat) à éviter coûte que coûte car elle serait responsable de tout : je refuse de diaboliser le gluten. J’envie ceux qui consomment des céréales à gluten, et tout particulièrement des blés anciens, dont ils connaissent la provenance, qu’ils achètent localement, et avec lesquels ils se font pain au levain et pâtes. Les veinards ! Ils ont bien raison de se régaler ! Ce n’est que lorsque l’on est malade qu’il faut envisager de supprimer, ou limiter, selon les pathologies et les personnes (car nous sommes tous UNIQUES), le gluten, soit après un diagnostic de maladie coeliaque, soit parce qu’on va tellement mieux sans que ce serait dommage de s’en priver (d’aller mieux, pas du gluten, dans ce cas-là!).

Gardons la tête sur les épaules, ne brandissons pas un bouc émissaire qui permettrait de fermer les yeux sur tous les problèmes que pose à la santé de tous les vivants, à notre planète par conséquent, l’alimentation moderne. Le gluten n’est que ce qu’il est. Pas moins, et il est crucial de l’éliminer dans d’assez nombreux cas, mais pas plus.

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